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Painting is silent poetry, and poetry is painting that speaks. Simonides

Paul Laurenzi


Paul Laurenzi

Paul Laurenzi, french painter born in 1964.









''J’ai toujours aimé dessiner. Du plus profond de mon enfance, mes souvenirs sont peuplés de crayons de couleurs, de feutres et de tubes de gouache. C’est à cette époque que je découvris, émerveillé, les croquis soigneusement rangés dans le carton à dessins appartenant à ma sœur de douze ans mon aînée. Quelle révélation! Je dévorais des yeux des natures mortes, des caricatures et autres sujets traités au crayon, à l’encre et au pastel. J’avais sous mes yeux, ma première référence artistique,et m’essayai a ces différentes techniques. Les débuts étaient difficiles et la réussite n’était pas souvent au rendez-vous! Je regrettai alors de ne pas être inscrit aux Beaux-Arts. C’est dire si à l’école je suivais avec assiduité la seule heure de cours de dessin que j’avais dans la semaine! Le professeur que nous avions, outre sa réputation de personnage colérique qui réprimait violemment les élèves, nous apprenait l’abstrait.

Je devais être le seul à adorer son cours et effectivement la classe était très calme!… Au final nous n’eûmes jamais à pâtir de ses prétendues ´crisesª. Avec le temps je sympathisai même avec lui et il m’arrivai assez souvent d’être invité à son domicile pour lui présenter mes travaux personnels. Je souhaitai secrètement qu’il facilite mes démarches pour poursuivre dans de bonnes conditions mon activité préférée mais il ne fit rien de spécial pour moi. J’en garde néanmoins un excellent souvenir. Lorsque je n’était pas à l’école ou que je n’aidait pas mes parents a cultiver les champs(mon père était agriculteur) Je me plongeai à corps perdu dans les ´ Marvels ª J’adorai le style de ces bd avec leur look très ´Pop Artª et leurs démêles sentimentaux inextricables !. Lectures qui m’incitèrent à inventer toute une ribambelle de super—héros plus colorés les uns que les autres ! Les années passèrent, ballottées entre lycées professionnel et centre de formation(mécanique auto,menuiserie), lieux bien peu en rapport avec mes aspirations mais parfois l’Education Nationale ainsi que les parents ne voient pas d’un très bon œil l’engagement d’un adolescent idéaliste dans un avenir artistique incertain. Je découvris Boris Vian et Buckowski. Ce qui, déjà, m’attirait le plus dans leur littérature, outre leur puissance d’évocation créatrice, c’est la partie érotisante de leurs écrits ou la femme est omniprésente. C’est après Service National (army) effectué sur la Cote d’Azur, que je décidai envers et contre tous, de consacrer ma vie à l’art et tentai ma chance en autodidacte. Je quittai le domicile familial et m’installait dans une auberge au pied du Mont Ventoux(Vaucluse). Après avoir exercé différents petits ´ jobs ª, je m’inscrivis dans une association de peinture, me permettant ainsi d’exposer quelques tableaux que j’exécutai a mes heures perdues. Parallèlement à cela, je pus mettre à profit mes menus talents dans des domaines aussi divers que la publicité,les affiches,les couvertures de romans et le livre pour enfants. Quelques temps plus tard, le président de l’association, également peintre professionnel, séduit par mon travail décida de me présenter à une galerie dans le sud de la France, qui décida de me faire participer à une exposition de groupe aux cotés de Bernard Buffet, au cours de laquelle je fis mes premières ventes officielles marquant ainsi mon entrée dans le monde de l’art.

Lorsque je n’étais pas encore en galerie, mes peintures à l’acrylique exploraient le monde de l’Heroic Fantazy. Mes artistes de bd préférés à l’époque étaient Frazzetta,Giger,Serpieri, Manara… Je quittai bientôt ces univers fantastiques pour celui plus réel de l’hyperréalisme.

Très courtes périodes à vrai dire, mais qui était, avec le recul, une période d’exercice technique et de connaissance de soi. Puis, après avoir découvert les femmes de Toulouse-Lautrec et Manet, je recherchai à atteindre une peinture plus spontanée, voire impressionniste, liée à l’émotion plus qu’a une représentation fantastique ou photo de mode . Un beau jour, au cours d’une soirée entre amis, l’on me présenta une jeune fille pétillante, a qui je proposai une séance photo. Je n’avait pas d’idée précise sur la direction à prendre et, au cours de la séance, je la laissai évoluer à sa guise. . . Je fus instantanément séduit par son charisme et son aisance devant l’objectif. Je décidai a partir de ces photos de la peindre sur toile (toujours à l’acrylique). Le résultat me ravit et c’est justement cette série qui fut retenue par la galerie. Plus tard, j’abandonnai mon ´ pocket ª pour l’achat d’un appareil plus adéquat, un 24x36. Je poursuivais toujours, avec mon modèle fétiche, mon exploration du monde féminin. Puis en compagnie d’autres jeunes femmes,je découvrais des physiques et des caractères si différents les uns des autres !...






Finalement, je ne me consacrait plus qu’à ce seul sujet car c’était tout simplement celui qui m’attirai le plus et sur lequel j’avais encore beaucoup à dire. Des poses habituelles du quotidien, je passai à la découverte de mes propres désirs liés à la sensualité du corps féminin. Je concentrai mon travail sur la transparence des tissus couvrant les formes et la lingerie mettant en valeur l’intimité la plus secrète. J’étais en train de m’apercevoir que, lorsque mes yeux se posaient sur la toile, je pouvais modifier des détails qui n’étaient pas sur la photo. Ainsi je modelai la réalité, comme une pâte originelle, suivant mon inspiration comme une boussole. Dans un sens je n’étais plus fidèle à la représentation matérielle de la femme modèle, mais plutôt à rendre tangible le désir qu’elle m’inspirai et créer une situation imaginaire ou elle évoluerai, loin de la structure rationnelle du réel. Ainsi, pour une exposition,je m’inspirai de la mythologie Gréco-romaine,vaste sujet qui donna tant de chef-d’œuvres classiques et contemporains. En parallèle de ces réflexions, je me lançai vers une nouvelle direction plus radicale Je produisis une demi-douzaine de petites toiles sans l’aide de photos de modèles, représentant des personnages féminins très stylisées à la limite du vitrail. Leur seins et leur fesses étaient démesurées par rapport au reste du corps Leur tailles de fourmis serrés dans des corsets en cuir accompagnaient une lingerie provocante. Quelle était donc cette nouvelle voie ?Devais je la poursuivre et abandonner ma production habituelle ?En tous cas pour moi ce fut un coup de folie que je n’avais pas l’intention de présenter en galerie, surtout dans celles ou j’exposai habituellement !Le hasard en décida autrement car en1993 un artiste photographe également professeur de dessin me découvrit par hasard sur une affiche et était désireux de me rencontrer.

Je l’accueillis donc à mon atelier et, me présenta son travail, des photos en noir et blanc entre nus et abstraction, vraiment très intéressant, à découvrir. Puis il observa rapidement les quelques toiles en préparation et son regard se dirigea vers cette fameuse série ´inédite.

Je vais vous donner une adresse d’un lieu sur Paris qui, je pense, pourrai être très intéressé par cette veine ª Il griffonna l’adresse sur un bout de papier puis me le tendis. ´ A bientôt, et tenez-moi au courant !

Apres son départ je jetais à nouveau un œil à ce bout de papier, et me suis dit : Pourquoi pas ? Je pris en photos ces fameuses toiles et les envoyai donc aux ´ Larmes d’Eros ª, une librairie -galerie dans le 11e, spécialisé dans l’érotisme. Une semaine plus tard, je reçus un coup de fil du responsable fort intéressé par ces toiles qui souhaitait les exposer. A ma grande surprise, elles furent vendues dans le mois. Il décida, enthousiasmé par ce succès inattendu, de m’organiser une exposition personnelle dans le courant de l’année comptant une trentaine de toiles. Pourrai-je poursuivre ce sujet au delà de 6 toiles ? Le problème ne se posait pas lorsque je peignais de jeunes femmes de facture dite ´ classique ªN’ étaient-elles pas devenu bien malgré moi un confortable revenu qui me faisait somnoler dans un doux quotidien ?La peinture c’était aussi l’abîme, la prise de risque,les grands élans créatifs,la marginalité de l’œuvre,la mise à nu des réflexions de l’artiste ainsi que de sa sensibilité exacerbée. Et c’est dans cet état d’esprit que j’élaborai ma première exposition qualifiée d’érotique. Finalement les idées me vinrent de manière assez fluide,cette année-la, grâce à la sortie du film ´ La Reine Margot ª avec Isabelle Adjani, mon égérie ! Le personnage qu’elle interprétait,certaines scènes du film, furent de puissantes sources d’inspiration, démultipliant mon imagination. C’est avec une certaine délectation que je faisais apparaître sur la toile ces chairs dévoilées fruits de toute les tentations. Cette exposition ainsi que celle qui suivirent obtinrent un franc succès, incitant le responsable du lieu, également éditeur,à produire un petit livre à tirage limité, intitulé ´ l’Amante Religieuse ª,regroupant un certain nombre de ces toiles accompagnée d’une nouvelle. Le cinéma ainsi que la Télévision s’intéressa à mon travail en utilisant mes toiles pour les décors de films et téléfilms et en m’invitant à une émission consacrée aux ´ fortes poitrines ª !Entre temps Je côtoyai au fil des vernissages des personnages très particuliers : les érotomanes. Fonctionnant avec leur propres codes, je n’était pas très à l’aise en leur compagnie, car je pensais que mon coté ´ provincial ª et ´ Candide de Voltaireª n’avait pas sa place dans leur cercle très privé. Fort heureusement, les futurs contacts furent plus chaleureux avec d’autres amateurs d’érotisme notamment en Allemagne. Suite à cette période plutôt productive, lassé par l’érotisme et la représentation figurative de la Femme je traversai une ère peuplé de remises en question, ou j’entrepris des recherches plus abstraites et surréalistes proches d’un Bacon ou d’un Hans Bellmer. J’eu vraiment peu de résultats aboutis mais je supposai qu’ils étaient des indices me dirigeant tout droit vers de nouvelles aspirations artistiques : ne pas reproduire fidèlement les corps mais les déformer sous l’emprise de sentiments les plus divers. Seulement voila, n’étant pas prêt à proposer ce type de peinture a des galeries et ne produisant quasiment plus de toiles de nus féminins ( ma principale source de revenus ),je me retrouvai à nouveau dans une période difficile. Ne pouvant plus assurer un loyer je quittai mon logement et fus hébergé par un ami musicien et chanteur. Il me présenta une multitude de personnages plus ou moins liés au monde du rock,m’entraînant dans les expériences les plus diverses : interventions scéniques, chant, théâtre, clips, vidéo, créations de pochettes de disques. Puis, leur soirées tardives copieusement alcoolisées et enfumées par des substances illicites eurent raison de moi. Bâtissant de grands projets invariablement avortés, je dégringolai sans m’en apercevoir, la pente bien connue de bon nombre d’artistes. Me sentant de plus en plus mal, je décidai d’abandonner ces chimères stériles et décidai de me ressaisir au plus vite. Je délaissai progressivement ce milieu. Mon ami musicien m’aida à trouver un petit studio ou, lentement mais sûrement, je reconquis mes matières et la carnation délicate des corps féminins. Petit à petit, les ventes reprenaient et j’organisai à nouveau des expositions en collaboration avec un ami, animateur de soirées,qui me proposait également de travailler de temps en temps avec lui. Je retrouvai une situation plus stable, et, bien que ma production était moins importante,elle paraissait plus mure. Un fait important survint. Au fil des années un certain nombre de tableaux ( invendus) étaient stockées aux ´ Larmes d’Eros ª. Un beau jour, le directeur de l’Erotic Muséum de Hambourg décida d’organiser une exposition avec ces toiles,qui dura plusieurs mois. Puis il décida d’acheter la totalité de mes oeuvres au profit du musée. Je fus très honoré de cet immense intérêt porté à ma peinture, marquant une étape importante dans mon parcours artistique.






Je poursuivais mes travaux liés à l’érotisme en m’intéressant plus particulièrement aux films X. J’en parlai avec le photographe qui m’avait donné l’adresse des ´ Larmes d’Eros ª et que je fréquentai assez régulièrement depuis. Je lui expliquai que ce genre de films m’inspirait une série de tableaux. Sur ce, il me prêta deux livres rédigés par des spécialistes, qui abordaient le sujet de manière sérieuse et objective. Après les avoir lus,je cernai beaucoup mieux le sujet,ses origines, ses codes et sa clandestinité Je me lançai donc dans l’exploration de cet univers souterrain que j’envisageai sous un jour nouveau. Je prenais en photo des extraits choisis de films X que l’éclairage et le cadrage si caractéristique rendait quasi-surréaliste. J’utilisai alors ces photos comme base de travail pour créer des espèces de compilations d’actes sexuels formants des décors dans lesquels évoluent des personnages féminins aux accoutrements et aux positions très évocatrice. Tel une Alice de Lewis Carroll pervertie, et semblables a des créatures sensuelles guidant le spectateur, elles découvrent stupéfaites, un univers dédié à l’imagerie du X, paraissant plus proche des fantasmes masculins que féminin. Apres une année consacrée a ce sujet scabreux, j’eu l’opportunité d’exposer une cinquantaine de toiles dans un centre d’art du sud de la France. Je ne fis aucune vente, mais après un article de journal et une interview sur une radio locale, je ne fut pas frappé par les foudres d’une quelconque organisation de protection des bonnes mœurs(...)et récupérai mes tableaux. Plus tard, un ami informaticien me proposa de créer un site personnel ou il installa les toiles en question ainsi que des informations me concernant, ce qui permit d’obtenir de nouveaux contacts et quelques ventes. Actuellement, je prépare une exposition personnelle destinée à l’Erotic Muséum de Hambourg pour la fin de l’année, plus quelques toiles visibles sur ce site. Au final, je retrouve dans ces œuvres, des traces de mes recherches passées. Elles s’inscriront comme autant de micro- souvenirs blessures ou caresses, semblables à un puzzle à jamais inachevé qui se nomme : ma Vie.''


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