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Painting is silent poetry, and poetry is painting that speaks. Simonides

Zabh


Mille et un rêves...

Ici, expression de soi et représentation de l'irréel tout à la fois, l'espace de la toile donne à voir un individu perdu dans une forêt de signes. Là, personnages aux lignes dépouillées en un décor luxuriant. Posés, sujets aux états d'âmes, parfois mélancoliques, le goût de la couleur en fait une ode à la vie malgré tout.

Là encore, la toile invite à une introspection en miroir. Alors qu'affleure, résignée, la pensée de sa propre pesanteur, s'exprime foisonnante la richesse d'un monde secret. Sur le fond de la toile se projettent feux d'artifice ou étranges fouillis. Tantôt tempétueux, tantôt serein, le questionnement intérieur est rarement narratif. Il est comme donné dans sa sincérité et sa simplicité, dessinant par accumulation le paysage intime. Parfois même, la tentation de l'épure débouche sur l'abstraction d'un camaïeu d'ocres.

Souvent un cadre où, au choix, les personnages sont contraints ou mis en valeur. En l'absence de modèle, on reconnaît pourtant des poses rêveuses, contemplatives, méditatives ou éreintées selon. L'attitude s'imprime sur un espace indéfini, un cosmos onirique. Entrelacs sobre et ténébreux ou plus souvent frises ensoleillées et byzantines. L'univers féerique répond au traitement naïf des personnages. Expression singulière et enfantine d'une harmonie qui porte à l'universel.

De-ci de-là, cercles et spirales, feuilles et fleurs, astres ; des femmes, des enfants, des femmes-enfants aux formes douces ; la rondeur apaisante d'un ventre plein, d'une poitrine rebondie ; l'ondulation d'une chevelure ou d'un cours d'eau, les amples robes ; tout concourt à l'esthétique de l'arrondi. Féminité tranquille, tendre. Le corps féminin comme support des émotions. Sexués mais peu sexuels, les personnages expriment la sensualité d'un idéal éthéré.

On notera que cheveux longs ou têtes lisses, comme les robes sont unisexes. L'être n'est pas dans la convention. La figuration se défie des apparences pour toucher à l'essence. Une âme tout à la fois identité profonde et source de vie. Un a priori mystique qu'illustre parfois une aura, une paire d'ailes, une pâleur surnaturelle. Un sourire d'icône éclairant des madones rêvant d'enfance (la leur ? celles à venir ?). " Château intérieur " ou châteaux en Espagne ? Les ocres concentriques d'éternelles rougeurs aux joues aussi.

Et, les yeux fermés sur le pays d'enfance, se murmure l'éloge de la candeur."








L'enfance de l'art

Née en 1969 en région parisienne, Zabh est diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure d'Arts Paris-Cergy (1993) et de l'Ecole de l'Image des Gobelins (section prise de vue, 1995). Parallèlement à la peinture, elle dessine des affiches et devient pendant huit ans photographe de reportage. Sa peinture s'en ressent en retour, comme en rupture avec le réalisme du reportage photo. Elle développe la souplesse, le travail de la couleur et de la matière et le goût de la liberté que renforce son attrait pour l'illustration. Zabh, membre de la Maison des Artistes, expose son travail depuis 1995. Elle a pris part à de nombreuses expositions personnelles ou collectives et a participé à divers Marchés d'Art Contemporain.

Chaleur méditerranéenne, ocres ouest-africains ?

Personnages et décors, couleurs et motifs, des Fauves à l'Art Brut, les attirances sont multiples. Influences tempérés par la foule des inconnus des arts dits primitifs : statuaires, textiles, décorations murales et bas-reliefs ouest-africains, artisanat saharien, voire frises mayas et art précolombien. On aime à y reconnaître l'expression dans les couleurs ocres, les motifs géométriques, les robes masculines et quelques thèmes rapportés des bords du Niger (1996). Le tout compose une sorte d'expressionnisme non-violent, comme adouci par les ocres et les verts.

Peut-être ne faut-il pas surestimer l'emprise de l'Afrique et rappeler les influences picturales espagnoles transmises par son père et son oncle et parrain. Ce dernier lui est indéniablement proche, dans la liberté du trait, l'usage des couleurs tranchées et le portrait. La Vieille-Castille lui lègue aussi ses camaïeux d'ocres, ses noirs et ses blancs.Peut-être y trouverons-nous aussi l'accablement de la chaleur, le farniente et le fatalisme, en contrepoint de la fête et de la vie nocturne. De même que le mysticisme et l'icône. On y verrait aussi certainement la trace de quelque influence dalmate d'un grand-père croate.

Le travail de Zabh ne connaît pas à proprement parler de période. On discerne cependant une évolution technique certaine :

- Pastels gras sur papier
- Encres sur papier (petits formats surtout)
- Acryliques sur toiles et sur papiers de textures variées, usage du sable
- Travail des matières et des pigments naturels sur divers supports

Les dominantes de couleurs varient indépendamment : rouges et jaunes ; noirs ; bleus et ocres ; verts et noirs ; ocres brunes... De même les thèmes tourmentés du début de sa carrière s'apaisent dans plus de quiétude.
Zabh se met en quête de l'épure. Perfectionnisme sans perfection, les remords appellent d'éternels repentirs. Un idéalisme qui fait de l'œuvre un devenir permanent.

" Retouches de détail...", se défend-elle.

Benjamin Acloque,Oct 2004





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