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Painting is silent poetry, and poetry is painting that speaks. Simonides

Joelle Delhovren










" J'aime à préserver des ambiguïtés à propos de mes peintures,
 pour laisser toujours la place à un maximum de lectures possibles.
 Peindre est pour moi un moyen de mettre l'univers sur "pause" et
 de réfléchir, de prendre du recul en essayant d'adopter plusieurs
 points de vue.
 Mes "thèmes" récurant sont le lien et le temps; ils sont la source
 de ce qui nous constitue et de ce qui a façonné notre éthique. 
 Le sens de toute une vie est parfois contenue dans une fraction de
 ce temps arrêté sur une image.
 Et quand on se met à chercher du sens, curieusement c'est souvent
 vers le haut que les regards se tournent. Que ce soit pour chercher
 des idées on regarde en haut, on cherche dans les astres d'y lire
 un avenir, les croyants y voient leurs guides et leurs défunts,
 c'est l'endroit convenu pour y trouver tout ce qui nous dépasse et
 le dénouement de nos situations. Nos peurs, nos espérances, nos
 inspirations, nos exploits , notre avenir, Dieu ou la fin du monde,….
 Il semble comme évident que toutes nos solutions arriveraient
 d'en haut. Le ciel contiendrait donc tout ce qui nous dépasse,
 se joue de nous, nous promet la lune, il est comme l'issue de toute
 chose et pour certains, il y aurait là un dessein…Hasard ou grand
 calcul ?
 Qui tirent les ficelles de notre destin ?
 Volonté de maitriser et de diriger alors qu'il n'est peut-être que la
 marionnette d'un plus grand…Qu'est-ce que tous ces gens qui
 attendent ? Notre vie n'est-elle qu'une succession d'anecdotes et
 de passe-temps ?
 La peinture me permet d'observer, de tenter de comprendre le monde
 qui m'entoure. Du regard à la loupe que j'ai longtemps adopté, viens
 le recul et l'envie d'élargir le champs. Et ces regards tournés vers le
 haut sont, dans la plupart des cultures une proposition de prendre un
 peu de hauteur par rapport à nous même et notre environnement
 direct. Mais peut-être sont-ils aussi la recherche dans un ailleurs et
 dans un autre de ce qui se trouve finalement en nous. "

 Joëlle Delhovren - Avril 2012











La vision de Joëlle Delhovren est l'inverse absolu de l'instantané : elle voit le temps, la durée, l'être dans sa dimension temporelle dans toutes les étapes de sa vie, ses moments clés, plaisirs et souffrances, tout ce tissu d'interaction entre le passé et le présent, ce qui persiste des souvenirs, l'écheveau des liens et des filiations familiales ou affective, les vanités, la quatrième dimension en quelque sorte. 

 Elle le montrait doublement dans des scénettes basées sur des photographies anciennes sans être des arrêts sur image, des instantanés narratifs mais des états d'âmes d'autrefois, des "flashback" intemporels, de par leur contenu et leur apparence plastique. 

 Après avoir montré la douleur, l'usure de la vie, les maux de la chair et de la nature humaine, les jours qui s'envolent, les sentiments qui s'expriment, l'horizon d'une vision plus globale lui est apparu et avec elle la nécessité de l'exprimer dans ces peintures : la légèreté. 
 De tout ce qui est pesant, la matière corporelle et les scarifications du passé, la blessure du vécu, elle l'a couché sur ses toiles pour s'apercevoir qu'il restait autre chose par delà cette épaisseur silencieuse. 
 Sa pratique picturale singulière et les événements de sa propre vie lui on fait découvrir qu'après la lourdeur des choses, les peurs, la pression de la responsabilité, "l'extrême légèreté de l'être" était effectivement une réalité éthérée de la vie sans poids et sans substance, bien plus puissante que les déboires de nos années écoulées. Cette toile d'araignée silencieuse liant de l'humanité et de son histoire laisse l'anecdotique souffrance en décalage de l'essentiel, sans nier l'expérience, le deuil, la perte, la pathologie, la folie ordinaire. 

 Elle regarde aujourd'hui l'essentiel de l'existence, ce qui reste quand on a tout oublié, la fugacité des choses, la fragilité du vivre dans toute sa durée et elle l'exprime avec la plus grande simplicité tout en contenant une sorte d'absolu : l'enfant qui fait des bulles ou qui tient les fils d'invisibles marionnettes, de simples mains qui "pensent" et qui sont toute la transcendance du genre humain, les racines de toutes les générations au travers des siècles montrées par des mollets et pieds d'enfants qui s'éloignent en marchant comme seul des "bambins" peuvent le faire, toute une culture, un univers, mais aussi toute l'expression du devenir, le futur au delà du réel… L'enfant s'émerveille d'un rien, donc de tout, car le passé comme le futur ne le concerne pas, et il traverse l'espace avec la légèreté du papillon. 

 Joëlle quitte le temps, l'espace n'existe pas, pour l'immanence et toute ses promesses de sérénité. 

Philippe Agéa
Bruxelles, juin 2010

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