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Painting is silent poetry, and poetry is painting that speaks. Simonides

Marc Bourlier




Marc Bourlier (France)

Born in Saigon, Marc Bourlier spent his youth moving between Africa, South America, and Asia. After watching the light passing through so many landscapes, he developed an eye and appreciation for the colors and textures of the natural world. He first became a painter, admiring the work of Calder, Miró, Braque, and Leger. Even when working with paint, it is said that he has always had a gift for letting the material "show its own face."
 After a show in Brussels in 1986, he began a period where he worked exclusively with corrugated cardboard for almost ten years. The style of Bourlier’s work that we see now seems to be the product of random chance: one day in 1995 while sitting on the beach in Normandy, a small piece of driftwood caught his eye, and he used it to make his first driftwood piece. This act of appropriation marked the transition of the artist from color to non-color, and from painting to “almost” sculpture. The only common thread from his previous work to now is the human element at the heart of his approach. 
 With each intervention of the sculptor, each point dug out from the wood, an expression arises from a minimal gesture – each asserts its own expression of tenderness, humor, sadness, complacency, indifference, even seductiveness. At its core, Bourlier’s work creates his little beings as metaphors for ourselves, bearers of hope who grew from their original gnarled stems into strongly defined people.

quote











"Marc Bourlier, ou la tendresse de l'homme des bois

A le voir si clair, si calme, si sûr et si solide, imaginerait-on combien de vies il a déjà parcourues ?

Né à Saigon, il passa ensuite sa jeunesse entre l'Afrique, l'Amérique du sud, l'Asie à nouveau où Pondichéry, le prédestinait, sans doute, à quelque réincarnation?.., mais aussi bien, après tant de paysages et de lumières traversés, a-t-elle formé, et là le doute n'est pas permis, son goût pour la couleur.
 C'est ce qu'il a affirmé, d'emblée, après avoir tant admiré Calder, Miro, Braque ou Léger, quand il se fit peintre. Iris Clert, la première, a montré ses « taches » et ses recherches sur l'infini de la tache, celle que déjà Léonard voulait comme Œuvre suprême... N'entendons pas que le jeune artiste s'en soit remis là au hasard ; à la suite de l'Action painting de l'époque. Non. Il dirige l'aléatoire de la matière qui glisse pour lui donner quelque vraisemblance, pour lui donner visage, ce visage, en effet infini de tous ces hommes qu'il a côtoyés, ces hommes de couleurs qui lui ont fait découvrir le monde, auprès de qui, il cherche alors sa propre identité. 

Noyé dans trop de couleurs, enivré de couleurs, pour en cela avoir suivi Baudelaire -« Enivrez-vous, de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise »-, il aspira soudain à quelque repos. Apparurent alors les dames grises -souvenir d'une tendre grand mère ?
 Mais elles aussi envahirent sa vie, et, dans l'étourdissement d'un manège de bois peint qu'Iris Clert présenta à la FIAC de 1985 -Bourlier n'a pas trente ans-, ces silhouettes insolentes et sans âge s'évanouirent et lui échappèrent à jamais, pour rejoindre, peut-être, un univers de bande dessinée d'où elles semblaient avoir mystérieusement surgi.

En 1986 il montre, à Bruxelles, une incroyable série de figures de stars, imaginaires, mais trop « déco ». Malgré leur succès, il les abandonne brutalement quand il en prend conscience et amorce une longue période de presque dix années d'un travail sur carton ondulé ; se succèdent ainsi les « microsillons » et les « pictogrammes » comme autant de signes insouciants et joyeux où toujours la couleur prend la part belle.

 Si radicalement nouveau dans son Œuvre, ce qu'aujourd'hui nous connaissons de Marc Bourlier semble être le fruit d'un hasard enchanté, un heureux jour de 1995, quand sur une plage de Normandie son regard fut capté par le premier de ces mystérieux petits bois flottés que la mer, sans se lasser, et telle une offrande, avait déposés.

 Le geste d'appropriation que sa curiosité a suscité marque Le passage de l'artiste à la non couleur, dans la troisième dimension, ou dans la « presque » troisième dimension:Bourlier, s'il n'est plus peintre, n'est pas encore si vite sculpteur. 

Le seul point commun qui lui reste alors en repère centre toujours l'élément humain au cœur de sa nouvelle démarche : vont naître de ses assemblages des myriades de petits bonshommes, sagement ordonnancés dans des tableaux où la matière se donne à toucher, où les aspérités du bois vont seules donner l'idée des couleurs. Mais quelle somptueuse matière, tour à tour mate, douce ou rebelle qui nous nargue du lointain de ses origines ; qui , de quel bout du monde a échoué là, à portée de main, parce qu'il était temps de se poser , que son destin lui a fait accepter cette dernière halte, à la rencontre de la mer, de la terre, et du regard d'un artiste aimant . A ce stade de sa création, Bourlier, ni peintre ni sculpteur, est le poète qui transcende de pauvres rebuts en glorieux petits personnages. Il les imagine tour à tour tendres ou drôles, tristes ou convenus, et les fait vivre dans des familles qu'il compose avec grand soin, comme pour conjurer le hasard qui, au fond, a décidé de tout. 

Peu à peu, ils s'enhardissent, et paraissent seuls, échappés du bas relief, tels de vraies rondes bosses ! Ils s'affirment, fanfaron ithyphallique, doux rêveur, bel indifférent, séducteur... 

A peine peut-on sentir l'intervention du sculpteur : une légère scarification, un point de creusement, et l'expression naît d'un geste minimal ; un ajout ? Peut alors paraître la facilité de l'anecdotique. 

Bourlier ne s'y complaira guère. La toute dernière belle série des bâtons de fécondité magnifie ses petits êtres qui nous ressemblent tant, les métamorphose en prophètes, porteurs d'espérance qui, du haut de leur tige noueuse, président à notre avenir. Bourlier s'est souvenu qu'en Afrique, la jeunesse plante de tels bâtons pour obtenir du ciel profusion des récoltes, abondance d'enfants?..Aujourd'hui, à Paris, il perpétue le geste , pour que sa création nous soit gage de bonheur.

Lionelle Courbet-Viron,
 mai 2004"



















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