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Painting is silent poetry, and poetry is painting that speaks. Simonides

Béatrice Bissara








Béatrice Bissara



Depuis son plus jeune âge, Béatrice Bissara évolue dans le monde de l’art. son enfance est bercée par les visites de musées, les promenades aux Puces et l’ambiance des salles de vente aux enchères. En accompagnant ainsi son père féru d’art ancien, elle forge déjà son goût pour la beauté classique.

Pourtant, bien que ne s’éloignant jamais de ce monde familier, il lui faudra quelques années pour se découvrir une véritable vocation créatrice.

Après ses études , MSG à Dauphine, DESS de sciences politiques et Maitrise d’histoire de l’art à la Sorbonne, cours du soir de l’Ecole du Louvre ; elle travaille successivement chez un expert en tableaux modernes et contemporains puis auprès d’un marchand d’art moderne, et enfin chez Sotheby’s, dans l’expertise des tableaux anciens, particulièrement du 17e et 18e siècles.

Dotées de connaissances approfondies en Histoire de l’Art, mais autodidacte dans la pratique, ce n’est donc qu’en 2001-2002 qu’elle commence à s’initier à la peinture et la sculpture, tout en poursuivant la photographie argentique, notamment développée en noir et blanc, à laquelle elle s’intéresse depuis dix ans. Car, passionnée de voyage depuis toujours, elle rapporte du Mali, de Chine, d’Inde, de Birmanie ou de Madagascar des instantanés de vies d’ailleurs…

Sa passion pour le volume et la couleur l’a même conduite à suivre des cours de modélisme (couture floue) au Lycée Rose Bertin, à Paris ainsi que de dessin professionnel en stylisme à la Chambre Syndicale de la Haute Couture.

Durant ces années, elle court les ateliers à la recherche d’un maître susceptible de lui enseigner l’art du dessin, de la peinture ou de la sculpture, elle fréquente divers ateliers, s’initiant aux techniques de peintures anciennes, au pastel, et surtout au nu et au modèle vivant. D’emblée, son inspiration est figurative, et l’artiste en devenir se tourne vers les portraits féminins ou la figuration animalière.

Son apprentissage se fait finalement au gré du travail avec les modèles, et de rencontres déterminantes pour l’affirmation de sa vocation. Ainsi la rencontre avec le sculpteur Petrus, pratiquant exclusivement la taille directe dans son atelier parisien, l’initie à l’anatomie et la mesure.

Aujourd’hui résolument tournée vers le travail de sculpture sur bronze, elle poursuit, dans une inspiration figurative, sa quête de la beauté, de l’équilibre et de l’harmonie des corps, des visages et des âmes. Elle expose dans des galeries et salons depuis 2005-2006.


















Béatrice Bissara



Les sculptures de Béatrice Bissara séduisent d’abord par leur beauté classique, leur sensualité équilibrée, la douceur harmonieuse de leurs formes. C’est que l’artiste, depuis son enfance passée dans les musées jusqu’à son passé d’experte en œuvres anciennes, aime et connaît l’œuvre des plus grands. De Canova à Rodin, de Michel Ange à Puget, c’est dans le génie de ces figures magistrales que l’artiste puise d’abord son inspiration et le désir de maîtriser la « logique beauté des formes », comme l’écrivait Octave Mirbeau*.



Passionnée par l’anatomie, et en particulier par celle du corps humain, elle est fascinée par l’ extraordinaire complexité de sa géométrie et de sa mécanique. Si la perfection de l’organisation du vivant, de l’univers à la plus petite molécule, la convainc d’un ordre métaphysique de l’univers, elle sait que l’art de la statuaire requiert une parfaite connaissance de la vérité du corps humain pour parvenir à en saisir le miracle des proportions et de l’équilibre. Elle y travaille donc ardemment, consciente de trouver dans ce savoir les moyens de libérer son savoir-faire.

Sensible à la sensibilité, elle aime le contact direct à la matière, celle des plâtres et terres dont elle sort d’abord ses modèles, avant de les emmener à la fonderie.





Reflet de la personnalité de sa créatrice, l’œuvre de Béatrice Bissara est une oeuvre exigeante, qui ne se laisse pas réduire à la pure séduction de la beauté formelle. D’emblée, derrière la posture et les courbes harmonieuses de ces jeunes filles, s’esquissent, se devinent, se pressent, une sensible humanité, une grâce vivante et vibrante transcendant celle de la matière. Car pour Béatrice Bissara, sculpter le corps, le visage d’une femme représente bien plus que formes et traits. Ils livrent une réalité émotionnelle tout autant que charnelle. Ils se font mouvement intérieur, expression d’un monde intime, tumultueux, passionnel et questionnant. Ils répondent à un appel métaphysique, par lequel, dit l’artiste « le corps n’est plus uniquement le reflet du monde sensible mais aussi, à qui veut le voir, celui du monde spirituel ».



Certaines œuvres inspirées de textes religieux, comme son interprétation du « Yetser Hara » (le « mauvais penchant », expriment sans nul doute la foi qui soutient et sous-tend tout le travail de Bissara. Mais dans le même temps, poursuivant une incessante quête de la beauté, son oeuvre, sensuelle et cérébrale, prend le tournant d’une liberté reconquise et assumée, d’une sérénité qui s’épanouit.





« L’art », disait Rodin, « est la plus sublime mission de l’homme ». En posant un regard « bienveillant » et fidèle sur ses modèles, Bissara remet cette mission au goût d’un jour nouveau. Elle nous transmet en douceur les clés pour que s’ouvre notre regard sur l’humaine altérité, sa vérité, sa beauté intrinsèque. Elle offre cette beauté comme un message d’espoir et, au-delà, de salut.



Fondamentalement esthète, Béatrice Bissara est convaincue que le beau hisse l’humanité vers les hauteurs, qu’il est à la fois une école d’exigence, d’humilité, de patience, de méditation. Car le beau, dit-elle, ne se laisse pas si facilement atteindre, ne se galvaude pas et se construit.

Parce qu’il parle de ce mystère de la beauté dans son universelle reconnaissance, l’art de Bissara est atemporel, tissant des liens invisibles mais sensibles avec toutes les féminités du monde, tous les âges d’or de l’Histoire de l’Art, toutes les nourritures spirituelles.



Des artistes, Flammarion, 1922-1924, Paris, tome I



Marie Deparis









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