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Painting is silent poetry, and poetry is painting that speaks. Simonides

Marie-Hélène Vallade
























Marie-Hélène Vallade


Figées comme dans un instantané, elles se donnent d’abord à voir pour finir par s’imposer à nous, comme les photos d’un album feuilleté, et sur les pages duquel on s’arrête, en proie aux souvenirs, à la petite robe, ou au petit chapeau blanc que portait… Comment s’appelaient, au fait, ce petit enfant, cette jeune fille ? D’où provenait et où allait cette procession ? Car ces sculptures nous semblent si familières qu’il est possible qu’on les ait déjà vus ces êtres arrêtés pour le temps d’une contemplation, au coin de la rue, sur un banc ou au bord de la rivière un jour d’été, et surpris dans leur rêverie, leurs secrets et leurs échanges, dans leurs prières ou leurs méditations, et qu’ils soient un temps les personnages entrevus de nos rêves, elfes à jamais disparus dans nos souvenirs d’enfance. Contemplés aussi ces groupes hiératiques, processions vers le sacré, vierges silencieuses
et attentives à l’Annonciation, ces couples posés dans une instantanéité éternelle, puisqu’ils nous sont donnés à voir aussi longtemps qu’on le souhaite, comme si nous avions soudain pouvoir à
arrêter le temps par notre contemplation.
On les dirait murmurant quelque chose à notre égard qui nous est à tout jamais interdit, et qui nous rend curieux de leurs conciliabules, ces enfants entre soleils et ombres, quelquefois aussi muets, jaloux soudain, de leurs secrets à l’approche des Objets Voyeurs Non Identifi és que nous sommes.
Le talent de Marie-Hélène Vallade est justement de leur donner vie : ils ne se contentent pas de notre regard, ils nous arrêtent, jettent sur nous un oeil curieux, étonné et plein de questions, comme si nos deux mondes soudain se conjuguaient dans l’espoir d’une hypothétique
communion…
Car tous ces personnages semblent attendre un contact idéal et impossible avec les humains, et nous, prisonniers de notre chair, avec eux ;
Et la terre — matériau fondamental — dont doivent être conçus les Peuhls, tellement leur couleur de peau refl ète le sol qui les voit naître et mourir, porte le message que nous sommes poussière, et rend de ce fait le sculpteur démiurge pour un temps de cette allégorie.

















2 comments:

Jess said...

Gosh what stunning work and so many pieces! Thanks for sharing the wonder :)
Jess xx

artodyssey said...

My pleasure Jess :) it's an amazing work
and there's a lot more on the artist website...
Have a nice day !

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