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Painting is silent poetry, and poetry is painting that speaks. Simonides

Madeleine Luka a.k.a. Madeleine Kula












Madeleine Luka a.k.a. Madeleine Kula- 1894-1989



"Madeleine Luka (1894-1989) était un peintre naïf, une illustratrice et poétesse de chez moi (L'Isle-Adam, Parmain, Maffliers) qui gagne à être enfin connue du grand public et non plus cloîtrée dans le cercle confidentiel de ses admirateurs.


RAPPROCHONS-NOUS LE PLUS POSSIBLE DE NOUS-MÊMES, QUI QUE NOUS SOYONS. C'EST CELA LA SIMPLICITE. MADELEINE LUKA NOUS EN DONNE UN EXEMPLE CHARMANT. (Elie Faure)

Tu veux vraiment savoir ce que j'en pense, de tes animaux? disait un jour l'abbé Breuil à Madeleine Luka: eh bien, il ne leur manque que des roulettes!

Par la taquinerie, en quoi il excellait autant qu'en peintures rupestres, le célèbre préhistorien cernait au plus secret l'art de sa cousine. L'enfance n'y recrée pas seulement les formes de toutes choses, mais leurs fonctions. Regardez bien le lapin qui gît au pied du Chasseur (1955): s'il ressemble aux jouets en peluche que les enfants enlacent ou suçotent pour s'endormir, et non au vrai gibier à la fourrure souillée de sang et à l'oeil vitreux, ce n'est pas par touchante maladresse, mais par nécessité profonde. L'espèce de bonté absolue qui baigne le visage du chasseur exige qu'il n'ait pas donné la mort, et que son fusil, cassé, sente la panoplie.

Enfance, innocence, monde sans mort ni mal: autant de vertus suspectes en peinture, parce que souvent contrefaites, mais qui ont ici l'éclat indubitable du naturel. Si Elie Faure a pu parler de "gloire de l'innocence", de réinvention de la peinture par l'"amour", c'est que l'innocence et l'amour jaillissent avec l'évidence d'une source surgissant d'une prairie. Il y a une façon qui ne s'imite pas, ni ne se concerte, de brouiller les frontières entre le moi et le monde, la vie et la mort, la veille et le rêve, le réel et le symbolique.

Dire que, ces décloisonnements typiques du jeune âge, Madeleine Luka les a cultivés dans la maturité, comme l'ont fait tant de poètes, ce serait encore se tromper sur son compte. Elle ne saurait prolonger un état qui, chez elle, n'a cessé d'être et l'enveloppe de sa durée immobile, comme une bulle. Le temps n'est pas le "vilain rapace qui nous dépasse", ainsi qu'elle s'en plaignait un jour à Francis Jammes. Du moins l'a-t-elle apprivoisé, et a-t-elle reçu la grâce de s'y tailler un "enclos de ce qui jamais ne meurt", ce qu'on appelle tout bonnement: un paradis.

Premier privilège de l'Eden: les années n'y séparent plus les morts des vivants. Ancêtres et proches disparus réduisent le néant à une mauvaise plaisanterie, et reprennent leur place parmi nous, dans la gloire d'un immuable matin. Ainsi doit se comprendre le fameux Repas de Famille (1955), où le docteur Sainte-Rose Suquet trône au milieu des siens avec la sérénité impénétrable d'un nouveau Père éternel.

L'au-delà de Madeleine Luka est d'une candeur spontanée. Nature en fête, symboles immédiats, enfants aux ailes d'anges: elle est incapable de concevoir le mal et refuse les deux fléaux de ce siècle, la technicité et la cérébralité. D'où l'absence sur ses toiles, de l'âge adulte et de ses combats féroces. L'homme fait n'y apparaît qu'au soir de sa vie - Sainte-Rose, l'abbé Breuil, Francis Jammes, son mari Robert Kula -, quand l'innocence des jours bien remplis efface les épreuves traversées. Jeune, l'homme doit se contenter d'un rôle de figurant, fiancé un peu niais dans sa jaquette de l'autre siècle, porteur de bouquet.

La jeune fille règne en souveraine absolue sur cet univers féministe avant la lettre. Telle l'Immaculée Conception, elle est à la fois la beauté parfaite et la fécondité sans péché. Ses atours imitent ceux des fleurs ou des fêtes enfuies. Ses tuyautés et ses dentelles prennent la densité meringuée d'un souvenir de sucrerie. On en mangerait. Ce qui n'empêche pas le plaisir de la chair, implicite et absous d'avance au nom du naturel. En avance sur la libéralisation de l'Eglise, ses couples ignorent la faute, et les chiens n'hésitent pas à se renifler le derrière au passage des Orphelins (1956)."

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Bertrand Poirot-Delpech
Préface à "Madeleine Luka", Ed. A. Sauret.


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